Recensione CD Requiem su Res Musica

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REQUIEM DE SILVIA COLASANTI, DANS LA VEINE DRAMATIQUE DE L’ORATORIO
Le 27 septembre 2018 par Michèle Tosi
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À emporter, CD, Musique d’ensemble
Dynamic

Silvia Colasanti (née en 1975) : Requiem, stringeranno nei pugni una cometa, oratorio pour soli, chœur et orchestre. Mariangela Gualtieri, texte et récitante, Monica Bacelli, mezzo-soprano ; Massimiliano Pitocco, bandonéon ; Ensemble vocal Continuum (chef de chœur : Luigi Azzolini) ; Haydn orchestra de Bolzano et Trento ; Ensemble Vocale Continuum ; direction : Maxime Pascal. 1 CD Dynamic. Enregistrement live le 27 septembre 2017 durant le festival Transport de Bolzano. Texte italien et anglais. Durée : 53:00

444753On sent chez Silvia Colasanti, compositrice romaine formée à l’Académie Santa Cecilia, un attachement quasi atavique à la voix. En témoignent plusieurs ouvrages lyriques déjà inscrits à son catalogue : Faust, La métamorphose, Le Minotaure, etc. Opératique également est son Requiem (2017) où le texte exogène de Mariangela Gualtieri questionne celui du dogme catholique.

La voix collective, celle du chœur qui transmet le texte liturgique (Requiem Aeternan, Dies Irae, Lux Aeterna), est confrontée à la parole de l’individu, « celle qui doute », dans cet oratorio pour mezzo-soprano, chœur, orchestre et récitante – l’écrivaine Mariangela Gualtieri en personne. Silvia Colasanti l’écrit pour les victimes du tremblement de terre survenu en 2016 dans le centre de l’Italie. Le bruit des pierres entrechoquées sur les voix murmurées, au tout début de l’œuvre, en concrétise le souvenir. Les contrastes dramatiques entre la masse chorale et la récitante y sont exploités, telle cette intervention de la voix parlée sur le trémolo des cordes, d’une belle intensité au cœur du Dies Irae. La compositrice mise également sur le pouvoir expressif du timbre soliste, celui du violoncelle d’abord (Alle picole e grandi ombre) et du bandonéon ensuite – Massimiliano Pitocco –, sur lequel s’inscrit la parole (Dunque si può), dans une manière de mélodrame qui intensifie le pathos. Au centre de la trajectoire dramatique, le Quid sum miser, confié à l’excellente Monica Bacelli, est une page de lyrisme flamboyant (Verdi demeure) que les couleurs de l’orchestre (le Haydn Orchestra galvanisé par le fougueux Maxime Pascal) viennent rehausser. La même vaillance anime l’Ensemble Continuum, une phalange vocale fondée en 2003 par Luigi Azzolini. Le Lux Aeterna un rien démonstratif (l’emphase chorale rappelle le Poulenc des Dialogues des Carmélites) assume une franche consonance au sein d’un langage où modalité et polarité dominent.

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